Je suis né à Croix(lez Lille) près de Roubaix dans une petite maternité devenue ensuite école de musique. Il y avait encore dans cette ville noyée dans la mégapole nordiste plusieurs fermes en activité dont une subsiste encore aujourd’hui. Mes arrière-grands parents habitaient face à la ferme du Père Catteau à laquelle nous nous approvisionnions en lait dans une pinte blanche marbrée de bleu. Il y avait dans le coin de la laiterie carrelée de desvres blancs une barrate à chien.
En 1966 quand ma grand-tante est décédée nous sommes allés nous installer dans la maison familiale en même temps que la ferme était détruite et remplacée par une patinoire de parpaings bleu-ciel. Un jour qu’il assitait à un match de hockey l’ancien fermier reçut le palet qui lui brisa le nez.
Il avait avant de céder construit sur une partie des prairies un vaste ensemble de garages qu’il louait aux habitants et entre lesquelles mes voisines et moi jouions souvent.
Il avait également fait construire une belle maison à l’emplacement du potager, dans lequel mon arrière grand-père aimait parait-il à travailler, maison qu’il occupa avec sa femme jusqu’à leur mort au début des années 90. Cette maison dépourvue de tout terrain adjacent est occupée aujourd’hui par une famille de cadres.
Lors de la construction de cette maison le fermier avait arraché sous mon regard passionné, avec son tracteur, la haie d’aubépines qui bordait le terrain.
La patinoire a été rasée à la fin des années 90 pour laisser la place à un bloc d’appartements de standing.
Sur la photo prise à la fin des années 30 sous l’arbre de la pâture toujours debout aujourd’hui , on voit ma mère, mon arrière grand père, Emile Verhiest, que je n’ai pas connu mais qui m’a laissé le gout des chapeaux, et mon arrière grand-mère, Elisa Duponchel, morte quand j’avais 3 ans et dont je me souviens un peu.




